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'Une leçon pour l’avenir'

Vendredi, 2 décembre 2005

par Jean-Yves QueignecDe Rennes

Malgré une élimination précoce de la Coupe UEFA, suite au troisième revers d’affilée concédé devant le FC Shakhtar Donetsk (0-1, jeudi 1er décembre), Etienne Didot, symbole du Stade Rennais FC, ne veut pas s’arrêter en si bon chemin.

Uefa.com : Vous voilà éliminé de la Coupe d’Europe. Quel est votre sentiment avec un peu de recul ?

Etienne Didot : Je dresse un bilan mitigé parce qu’on est éliminé rapidement. Une chose est sûre : on va tirer pas mal d’enseignements de cette campagne. Sur les deux premières journées (défaites 2-0 face à Stuttgart et à Bucarest), on n’était pas loin de l’emporter. Au bout du compte, on se fait avoir. C'est une leçon à l’avenir.

Uefa.com : Vous devez avoir envie de retrouver au plus vite ce parfum européen…

Didot : Eh bien, oui, si on peut ! Certes, l’objectif n’était pas de remporter la Coupe UEFA mais on souhaitait tout de même aller plus loin. C’est dommage !

Uefa.com : Pour en revenir, plus généralement, à la saison en cours, comment jugez-vous votre première moitié de saison ?

Didot : Personnellement, à l’image de l’équipe, j’ai connu un début difficile. Après, j’ai repris les choses en main, allant de mieux en mieux. Sans être extraordinaire pour autant. Collectivement, notre parcours est mitigé. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a quelques années, on aurait signé des deux mains pour être à la dixième place à trois matches de la trêve. Maintenant, je comprends aussi que notre quatrième place de l’an dernier a suscité beaucoup d’attentes. Il ne faut pas aller trop vite. On fait le 'maxi' pour accrocher les premières places. Mais il ne faut pas croire que ça va venir comme ça.

Uefa.com : Quel est l’objectif jusqu’à la trêve hivernale ?

Didot : On reçoit (l'OGC) Nice puis (l'AS) Saint-Etienne. Le but, c’est de faire le plein à la maison. Alors, on aura sans doute un coup à jouer si on parvient, ce que j’espère bien, à rééditer une bonne deuxième partie de championnat comme c’est le cas depuis deux ans.

Uefa.com : Dimanche, vous allez atteindre la barre des 100 matches en Ligue 1. Quel sentiment cela vous inspire-t-il ?

Didot : Je suis content. Il y a quelques années, je regardais avec une certaine envie les joueurs qui avaient 50 ou 60 matches. Aujourd’hui, atteindre les 100 matches, ça me fait quelque chose. Je pense surtout aux éducateurs de Paimpol (son club d’origine) et de Rennes qui m’ont permis d’arriver jusque-là. Mais aussi à ma famille qui m’a toujours soutenu et me soutient toujours.

Uefa.com : Que devez-vous améliorer dans votre jeu ?

Didot : Tout (rire) ! C’est vrai, on peut tout bonifier. J’espère que je vais le faire. Pour être plus constant et plus présent sur le plan physique. En football, ça part de là (le physique).

Uefa.com : Il n’empêche : vous ne cessez de monter en puissance. Quel regard jetez-vous sur votre carrière ?

Didot : Pour le moment, je ne suis pas mécontent (sourire). J’ai ainsi participé à un bon nombre de matches. Après deux premières années où l’on jouait plus le maintien, là, nous sommes sur deux bons exercices. C’est toujours satisfaisant. Il faut continuer à faire des saisons pleines pour continuer à progresser.

Uefa.com : Vous faîtes partie intégrante de l’équipe de France Espoirs, qualifiée pour le Championnat d'Europe de l'UEFA (25 mai - 6 juin 2006). Pouvez-vous le remporter ?

Didot : Tout est possible. De toute évidence, on y va, comme on dit, pour 'la gagne'. On reste sur de bonnes prestations, notamment face à l’Angleterre (victoire en barrages). J’espère qu’on poursuivra sur cette lancée. Même s'il y a de très sérieux candidats, on est capable de faire quelque chose de bien.

Uefa.com : Cette année, et c’est assez rare pour être signalé, sept Rennais (Jacques Faty, Grégory Bourillon, Jimmy Briand, Arnold Mvuemba, Jonathan Bru, Simon Pouplin et lui) ont porté le maillot des Espoirs. Est-ce important ?

Didot : Je trouve ça génial pour le club et les éducateurs du Stade Rennais qui ont tout donné pour qu’on fasse quelque chose. Il faut les féliciter, ils y sont pour beaucoup. C’est une récompense pour eux.

Uefa.com : A l’instar du Bordelais Rio Mavuba, qui a connu les A à 20 ans, pensez-vous parfois à l’équipe de France ?

Didot : Non, pas une seconde ! Cela fait rêver tout le monde mais je n’y pense jamais. Moi, c’est le Stade Rennais, les Espoirs et c’est tout. J’aime les voir à la télé, c’est tout. Etre appelé en équipe de France, ça se sent. Aujourd’hui, je ne sens rien, je suis à ma place. On verra plus tard comment évolue ma carrière.

Uefa.com : En équipe de France et d’un point de vue plus général, avez-vous un modèle ?

Didot : Non, je n’en ai pas en équipe de France. J’essaie de piquer les bonnes choses aux grands joueurs. De toute façon, en équipe de France, pour prendre modèle, il faut y aller. J’essaie de m’appliquer sur ce que je sais faire. Ce sont des modèles qui sont intouchables. Quand je suis monté dans le groupe pro (à Rennes), mon modèle, c’était Christophe Le Roux parce qu’il évoluait dans le même registre que moi. C’était le meilleur joueur du club à ce moment-là. Je regardais beaucoup ce qu’il faisait. Aujourd’hui, j’essaie de faire ce qu’on me demande, tout simplement.

Uefa.com : Excepté Rennes, y a-t-il un club qui vous fait rêver ?

Didot : Oui, le Barça. Mais, comme tout le monde, quand je suis devant mon petit écran. Pas en me disant que je pourrais y jouer (rire)… A part ça, j’ai vu récemment une autre très belle équipe : Paimpol, leader en DH. Avec un match de plus, c’est vrai….

Uefa.com : Vous évoquez très souvent Paimpol (sa ville natale). Cela reste plus que jamais votre port d’attache ?

Didot : C’est vrai, plus ça va, plus j’ai besoin d’y retrouver mes amis, ma famille, histoire de couper du foot. Revenir dans mon fief, cela me permet de revenir à des choses simples. Là-bas, mes 'potes' s’en 'foutent' du ballon. On n’en parle pas.

Uefa.com : Natif des Côtes d’Armor, que représente pour vous l’identité bretonne ?

Didot : Je suis super fier d’être Breton. La Bretagne représente quelque chose de particulier en France. Je ne dis pas ça parce que je suis breton… Les Bretons ont un caractère difficile mais une fois qu’on les connaît bien, tout se passe pour le mieux. Ils sont très francs, c’est ça qui est bien. Je dirais qu’ils ont la tête dure, qu’ils sont entêtés, qu’ils savent ce qu’ils veulent et qu’ils font tout pour y arriver. Je suis comme ça…

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