DIDOT A PRIS RACINE AILLEURS

Hier symbole du Stade rennais, aujourd'hui régulateur incontesté du milieu à Toulouse, où il s'est imposé à la vitesse du son, Etienne Didot s'éclate dans une équipe qui reste dans le Top 5 malgré deux derniers matches décevants. Rencontre, à la veille d'affronter le PSG au Parc.
 
Etienne Didot, le joueur le plus influent dans l'entrejeu toulousain. (L'Equipe)
 
Etienne Didot, le joueur le plus influent dans l'entrejeu toulousain. (L'Equipe)

Quand la théorie de la ''Gignac-dépendance'' toulousaine avait gagné la L1, avant la trêve internationale, Alain Casanova s'agaçait de l'obsession médiatique pour son buteur, d'ailleurs désigné meilleur joueur du mois de septembre au trophée RTL-L'Equipe. «Il y a d'autres joueurs qui méritent autant qu'on parle d'eux.» Notamment Etienne Didot, comprenait-on en sourdine, lui-même deuxième à ce classement. Les deux performances passables des Violets à Bordeaux (1-2) et contre Monaco (0-0) n'ont fait qu'apporter cette confirmation : l'ancien Rennais est devenu la plaque tournante du jeu toulousain, qui a oublié Achille Emana bien plus vite que les supporters le craignaient. Pas un hasard s'il est le seul milieu de terrain à avoir été titularisé à chaque match dans un secteur de jeu où le TFC est assez équipé (Capoue, Sissoko, Sirieix, Berson). Et il fut le seul, vu des tribunes, à avoir proposé variété et jeu vers l'avant quand son équipe bafouillait, dans ce rôle de milieu relayeur à l'anciennen, ou ''à la Juninho'', revalorisé par la mode des 4-5-1. «Mon rôle ? Celui d'un 8, entre le 6 et le 10. Il me donne des responsabilités dans les deux aspects, offensif et défensif. Je me sens au coeur du jeu, ça me plaît.»

« Evacuer pour repartir sur autre chose »

Ce sera l'un des rares moments de l'entretien pendant lequel Didot acceptera de parler à la première personne du singulier. Car ce grand copain de Yoann Gourcuff, sans donner l'impression de faire de la com' obligée, convoque l'esprit d'équipe des Violets comme une donnée essentielle de son retour en grâce. «Leader, moi ? La vision que j'ai, c'est qu'on est tellement solidaires, qu'on peut s'appuyer sur tout le monde, précise-t-il. J'ai rarement vu ça dans un groupe. Le remplaçant, tu sens que tu peux t'appuyer sur lui. Le partenaire fait les efforts pour toi, sans rechigner, tu peux dire les choses franchement sans froisser l'autre, il l'accepte. Avec des résultats, c'est plus facile. Franchement, jusqu'ici, tout se passe comme je l'envisageais. Toulouse sortait d'une saison difficile et je venais dans l'idée de reconstruire quelque chose. On a beaucoup discuté, on ne s'est pas voilé la face, on s'est tous raconté nos expériences diverses. Il fallait les évacuer pour repartir sur autre chose

Celle d'Etienne Didot renvoie à une saison 2007-2008 de tous les paradoxes avec le Stade rennais. Sous contrat jusqu'en 2010, il devrait être le ''Maldini breton'' pour son président Frédéric de Saint-Sernin. Sous le double effet de l'arrivée de Guy Lacombe et d'une déchirure à un mollet, il est finalement passé du statut de capitaine à celui de joueur même pas sûr de faire partie du groupe des dix-huit le week-end. Sept saisons pros, dont cinq pleines : le natif de Paimpol aurait pu mettre davantage de temps à se reconstruire. «Ça reste du foot, sourit-il pour nuancer le mot. Je n'ai jamais perdu confiance en moi, je savais juste que j'avais besoin de retrouver la joie du jeu. J'ai eu le temps d'analyser ce qui se passait à Rennes, j'ai eu deux-trois mois pour comprendre que je ne pouvais pas rester. Ça n'a pas été brusque. Mentalement, je m'étais préparé à partir. A Rennes, j'ai aussi vécu des saisons complètes avec de super résultats. J'ai des super souvenirs et aucune nostalgie. Mais c'était trop compliqué.» Car Guy Lacombe aime mettre ses cadres au pas ? «Tu te rends compte qu'il y a des trucs bizarres, mais c'est la vie», élude-t-il. L'entraîneur rennais parlait d'une convalescence qui s'éternisait pour justifier ses choix. «Non, ça n'avait rien à voir, rit franchement Didot. Vraiment rien.» A vingt-cinq ans, il avait aussi passé l'âge de perdre son temps.

L'équipe.

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