Étienne Didot, la nouvelle star

En six mois, il est devenu le joueur-clé du TFC. Le Breton nous a ouvert son univers.

1938, le restaurant panoramique du Stadium. Étienne a le quart d'heure toulousain... d'avance. Le vertige, aussi. On s'en doutait : la folie des grandeurs, pas le genre de la maison. Sa voiture, une Mini. Premier contrepied. Poignée de main dans un sourire. Comme d'habitude. « Il est toujours de bonne humeur » classe Alain Casanova, l'entraîneur du TFC. « Un bon déconneur malgré les apparences » se marre Dédé Gignac, coéquipier de chambre lors des déplacements. La première boutade de l'ancienne icône du Stade rennais ne tarde pas : « Un vrai temps de chien ? Vous rigolez ! Chez nous, on dit qu'il ne pleut jamais ou... que sur les cons. »

Il est comme ça, Étienne. Pas de manières, pour résumer. « Un petit café et c'est parti, brosse Nicolas. Un type simple, bourré de valeurs humaines, qui va vers les autres. Il a besoin de se sentir bien pour s'épanouir. » Nicolas Carnec sait de quoi il parle : proche de la famille (il était du baptême d'étienne), footballeur professionnel (il a débuté sa carrière avec le père) puis journaliste sportif à Ouest-France (le premier papier sur Gignac, c'est lui). Il appelle encore Etienne «le petit bonhomme». « Oui, il aura sa chance en équipe de France. Il n'y a pas de secret, il a appris à marcher autour des terrains... » Voilà pour le foot. Et le reste ? « Etienne se comporte comme ses parents l'ont élevé. Les Didot, une famille vraiment charmante. Travailleurs et le cœur sur la main, Annie et Yvon. » Etienne avoue avoir eu une enfance heureuse, simplement. On se croirait tout droit sorti d'une pub Herta. « Tout à fait, renchérit Nicolas. Yvon pour tous, c'est le coz, le vieux chez nous, dans le sens patriarche. »

Les copains d'abord

Pendant vingt-cinq ans, le couple aura pignon sur la place du Martray, à Paimpol. Leur bar-tabac est incontournable. On y refait le match avant même Saccomano puisque c'est le rendez-vous des sportifs, on y chante aussi puisque le grand Georges est un habitué. D'ailleurs,

A la mort de Brassens, en hommage, le troquet s'appellera «Les Copains d'abord». « Aujourd'hui, reprend étienne, mes parents sont passés à l'étage supérieur : ils tiennent un hôtel à Perros-Guirec. On n'a jamais roulé sur l'or, je n'ai jamais manqué de rien non plus. » à l'école, petit Didot est bon élève mais bavard. Au collège, normal c'est l'âge, il veut devenir footballeur professionnel : « Je me faisais remonter les bretelles par les profs ! »

« footballeur, le plus beau métier du monde »

On a du mal à l'imaginer en colère, le gendre idéal. « Si, mais contre moi. Puis, on ne fait pas le plus beau métier du monde ? Payés pour courir après un ballon... » Le Breton est un dur au mal, il aime le combat. étienne Didot a retrouvé ce trait de caractère dans la Ville rose. « Ici, les gens ne lâchent rien. Même dans les affaires, j'ai remarqué. La culture, très hispanisante, convient aussi à ma compagne chilienne. » Maria Paz et son délicieux accent qu'on a découverts il y a quinze jours, sur les plateaux du télé-crochet de M6, «Nouvelle Star». Dans la famille Didot, il y a Sylvain, le grand frère, passé aussi par Toulouse (2002-2004), avant Reims. Puis Mathilde la sœurette, entre les deux, handballeuse à Octeville (ex-D2) et prof de... sport.

« On est très famille. Car on a été éloignés rapidement. » L'union sacrée. L'amitié sur un piédestal, également. « Je réfléchis mais c'est bien mon pote Yoann (Gourcuff) la personne la plus célèbre dans mon répertoire téléphonique. ça marche pas mal pour lui cette année, non ? »

Rendez-vous au Stadium, demain soir.

Etienne Didot

25 ans, 1m75 et 65kg. Milieu défensif. L1 2008-2009 : 20 matches (20T), 2 buts et 1 passe décisive.

Ligne de vie :

- 24 juillet 1983, Naissance à Paimpol (22) : « la maternité n'existe plus ».
- Juillet 1997 Entrée au centre de formation de Rennes, « j'ai 14 ans ».
- 12 janvier 2002 Premier match en pro « face au PSG de Ronaldinho ».
- Juin 2008 : Signe 4 ans à Toulouse, « où je me sens comme à la maison ».

sa devise

« Ne jamais rien regretter. J'ai toujours assumé mes choix, jusqu'au bout. Je ne regarde pas le passé, ça ne sert à rien. Carpe diem ! »

son objet fétiche

« Le ballon de foot, naturellement. Il a donné un sens à ma vie. Dans dix ans, je ne devrais pas être loin de raccrocher. »

son héros

« Le navigateur Armel Le Cléac'h, 2e du Vendée Globe. Respect. Moi qui adore les voyages... »

son livre

« Génocidé, de Révérien Rurangwa. Regardons un peu autour de nous avant de nous plaindre... La misère est partout. »

Son rêve

« Fonder une famille. L'aboutissement de la vie, justement, c'est la donner. Avec Maria, on se mariera. »

La dépèche

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